Le « fonds  euros » aussi appelé actif général est le placement financier le plus important de France. On retrouve cet actif au sein de l’ensemble des contrats d’assurance-vie ainsi que les contrats de capitalisation. Pourquoi un tel intérêt pour cet actif ? L’attractivité fiscale de l’assurance-vie (fiscalité des revenus, fiscalité successorale, plafonnement de l’ISF…) n’y est sûrement pas étrangère.

Les Français l’ont bien compris puisque l’assurance-vie représente 38% de leur épargne financière (total 1522 milliards d’euros dont 85% sur les fonds en euros). Mais tout n’est pas qu’histoire de fiscalité. En effet, il s’agit surtout d’un support d’investissement présentant une très grande sécurité. Le capital est en permanence garanti, le support offre un rendement minimum garanti (supérieur au livret A) et les intérêts capitalisés sont sécurisés chaque année. En résumé : aucune baisse possible ! Mieux encore, jusque dans les années 2000, les taux de rendements annuels dépassaient les 6%.
Seulement voilà, comme toujours il y a un hic ! Le père Noël n’existe pas et les miracles non plus. Qui peut aujourd’hui croire à un rendement important sans aucune prise de risque ?

Depuis les années 2000, les taux n’ont cessé de chuter pour atteindre une moyenne de 2.5% en 2014 (avant prélèvements sociaux). C’est toujours mieux que le livret A mais pas suffisant pour faire rêver et s’en contenter. D’autant plus quand on intègre la ponction fiscale de l’ISF sur le capital (à un taux marginal de 1%).

Les raisons de cette baisse sont connues et logiques, et résultent de la gestion des fonds par les assureurs. Lorsque vous investissez sur le fonds euros, les sommes sont investies dans des obligations (autour de 80% en moyenne), en actions (autour de 10% en moyenne), dans l’immobilier (autour de 5% en moyenne), en placements divers (autour de 2% en moyenne).

Le rendement des obligations n’a fait que de baisser sur les dernières années. Les États empruntent à des taux très bas (obligations françaises à 10 ans à 1.04% en septembre 2015).

Cette érosion des rendements oblige les investisseurs à s’interroger sur la stratégie à adopter vis-à-vis des fonds en euros. Vous trouverez ci-après quelques éléments vous permettant de nourrir cette réflexion.

PREMIÈRE ÉTAPE : CHOISIR UN BON FONDS EUROS

Chaque assureur propose son propre fonds euros. Chaque fonds est donc différent d’un établissement à un autre. Pour bien le choisir, il ne suffit pas de regarder les rendements passés (qui ne préjugent pas de l’avenir) ni les belles affiches publicitaires dans les vitrines des banques et assurances.

Alors comment choisir un bon fonds euros ? Trois éléments clés doivent être analysés avant d’investir. Ces éléments ne sont pas toujours communiqués, il faut cependant les exiger.

1-S’informer sur la composition exacte du fonds.

D’un fond euros à l’autre, la répartition des actifs (actions, obligations…) varie à l’intérieur de chaque segment, la nature de l’émetteur varie (public, privé), la zone géographique d’investissement varie (Europe, Asie, États-Unis…). Ces investissements comportent donc une part de risque différente. Connaître la répartition, c’est connaître quelle volatilité du rendement l’on est prêt à accepter.

2-Quelle est la santé financière de l’établissement de gestion de mon fonds ?

Un contrat d’assurance-vie est un placement à vocation long terme, la santé financière de la compagnie est donc un critère de choix important. N’oublions pas que l’assureur garantit le capital investi dans les fonds euros. Chaque année, en moyenne, 15 % du rendement du fond sont mis en réserve au titre de la participation aux excédents et réserves de capitalisation. Cela permet à la compagnie d’assurance de servir un taux de rémunération lissé dans le temps en piochant dans les réserves constituées si nécessaire. Le niveau des réserves est donc l’indicateur clé de la santé financière de l’établissement.

3-Ne pas négliger les conditions du contrat

Pour investir, vous souscrivez un contrat qui comporte différentes catégories de frais (droits d’entrée, frais de gestion, frais de commercialisation…). Rien ne sert donc d’avoir accès à un fonds euros très performant si la « sur-performance » est consommée par un niveau de frais prohibitif dans le contrat.

DEUXIÈME ÉTAPE : DIVERSIFIER VOTRE PLACEMENT AU SEIN DE VOTRE CONTRAT D’ASSURANCE-VIE

La « gestion coussin » pour booster la performance tout en sécurisant le capital

En plus du fonds en euros, votre contrat d’assurance-vie peut vous donner accès à d’autres supports d’investissement (marchés financiers, obligataires, immobiliers, matières premières…). Mais attention, investir sur ce type d’actifs financiers suppose d’accepter une prise de risque. Vous souhaitez néanmoins pouvoir augmenter le rendement de votre contrat, tout en protégeant votre capital investi ? C’est possible grâce à un type de gestion particulier : la « gestion coussin ».

Comment faire ?

Au départ, vous répartissez votre investissement selon une proportion déterminée entre le fonds euros pour la sécurité qu’il procure, et les supports plus risqués sur les marchés financiers qui permettent d’espérer un rendement plus élevé. Vous déterminez ensuite une date d’échéance à laquelle vous devez être certain de retrouver à minima votre capital initialement investi.

Comment évolue votre contrat ?

Les actifs investis sur le fonds en euros vont progresser régulièrement et tendre vers le capital total initialement investi.

La part investie sur les marchés va, elle, fluctuer à la hausse ou à la baisse. En cas de hausse, une plus-value sera constatée. A contrario, si la poche financière constate un niveau de moins-value prédéterminé, la poche est désinvestie et la partie sécurisée augmentée.

Dans tous les cas, la partie investie sur les marchés doit faire l’objet d’une gestion active (il ne suffit pas d’investir puis d’attendre).

Ce schéma d’investissement permet donc de garantir le capital en cas de baisse des marchés et de participer à la hausse de ces derniers. En ajustant la répartition des fonds, il est également possible de garantir un rendement minimum.

La « pierre papier » : diversification dans l’immobilier grâce aux SCPI dans votre contrat d’assurance-vie

Qu’est-ce qu’une SCPI ?

Une SCPI est une société dont le métier est d’investir les capitaux qu’elle détient dans l’immobilier. Vous pouvez dans certains cas souscrire des parts de SCPI au sein d’un contrat d’assurance-vie.

Quels avantages ?

D’abord, vous alliez la rentabilité des SCPI, évaluée à 4 ou 5%, aux avantages fiscaux de l’assurance-vie. Vous évitez la taxation des revenus fonciers à l’impôt sur le revenu, et les prélèvements sociaux sont payés uniquement lors des rachats du contrat.
Dans la mesure où le patrimoine immobilier de la SCPI est composé de plusieurs biens, les risques que vous encourez en tant que porteur de parts sont mutualisés : diversité géographique des biens, diversité sectorielle des investissements selon les objectifs patrimoniaux avec des marchés immobiliers différents, répartition du risque locatif …

Faut-il pour autant arbitrer le fonds en euros vers des SCPI ?

Le fonds euros et les SCPI sont deux actifs avec une exposition au risque différente. Gardez donc à l’esprit que le fonds en euros est généralement diversifié (obligations, actions, immobilier…) tandis que les SCPI sont exposés uniquement au marché immobilier…

Les Produits structurés

Les produits structurés sont des produits pré-construits qui revêtent des formes diverses et offrent souvent l’avantage de garantir ou partiellement protéger le capital. Comme pour la gestion coussin l’objectif est de réduire le risque en cas d’une éventuelle baisse du «sous-jacent» (le CAC 40 par exemple) et de participer à une éventuelle hausse.

Ces produits, qui peuvent sembler attractifs dans une optique de diversification, présentent souvent une zone d’ombre. Le niveau de frais peut être très élevé (achat, sortie, gestion…) et souvent difficile à appréhender, la liquidité ensuite, la revente ne peut se faire qu’à des dates parfois prédéterminées dans un marché ou les acquéreurs sont peu nombreux.

La bonne question avant d’investir : n’est-il pas préférable de construire sa propre diversification moins coûteuse et plus liquide ?

L’avis de l’expert

Si le fonds en euros vous permet de bénéficier d’un rendement annuel régulier sans risque en capital, ses performances s’érodent progressivement. Pour bien investir au sein d’un contrat d’assurance-vie : optez pour la diversification afin d’optimiser sur le long terme le couple rentabilité-risque au sein de votre contrat. N’hésitez pas à faire appel à un spécialiste afin d’étudier ensemble cette diversification lors de la mise en place de votre contrat d’assurance-vie. Enfin, n’oubliez pas qu’une bonne structuration initiale n’est pas suffisante et que cette diversification nécessite un suivi régulier pour ajuster la stratégie d’investissement en permanence.